La XXVème heure

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Cher visiteur,

La XXVème heure est ce moment de grâce, où tout est naturel, où le présent se veut indicatif sans être conditionnel... et cet instant révèle des terres fertiles, entre le jour et la nuit, au rythme des mots, des phrases... du livre qui nous accompagne. Déjà hier s'est fondu parmi les ombres du passé, demain n'a pas encore surgi du futur. Vous avez découvert un espace intermédiaire où les affaires de la vie ne font pas intrusion; où l'instant fugitif daigne s'attarder pour devenir un vrai présent; un  lieu où le temps, lorsqu'il se croit à l'abri des regards, s'assied au bord du chemin pour reprendre son souffle.

C'est vrai, lire est un acte égoïste, une délectation solitaire. Mais on lit par amour! On tombe amoureux d'une histoire, des personnages, de l'auteur et enfin... de la littérature. Cette altesse à laquelle on donne rendez-vous chaque fois que l'on s'abandonne à un nouvel ouvrage. C'est là que se trouvent mes parfums d'enfance, mes joies, mes plaisirs, mes surprises... Plus que les Hommes, les livres m'ont construit. Je leur dois ma vision du monde et ce que j'en comprends. Les écrivains sont mes amis, leurs héros mes compagnons, leurs héroïnes mes secrètes maîtresses. 

Ces quelques chroniques disent ma gratitude. Je suis leur enfant tout à la fois rebelle et soumis. J'ai vécu leurs œuvres. Je me suis baigné sur une plage à Corfou avec Ulysse, j'ai marché dans Rome et au Lac de Côme avec Stendhal, navigué en mer et fait la guerre d'Espagne avec Hemingway, passé des matinées à Manosque avec Jean Giono, j'ai été Bel-ami et Rastignac, J'ai plongé dans le cœur des femmes avec Zweig et dans celui des Hommes avec Hugo... Quelques-uns aussi m'ont suivi partout, tandis que de nouveaux interpellent ma curiosité.

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La chronique de Gérard: Les Enfants du Dernier Salut, Colette Brull-Ulmann-Jean-Christophe Portes

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L’histoire de l’extraordinaire réseau d’évasion d’enfants Juifs à Paris. En 1942, Colette a 22 ans et elle est étudiante en médecine à l’hôpital Rothschild de Paris. En fait d'hôpital, c'est plutôt l'antichambre de l'enfer puisque les Juifs qui passent par cet établissement sont ensuite envoyés dans les camps de la mort. Face à l’atrocité de la situation, Colette intègre un réseau d’évasion qui permet aux enfants de l'hôpital d’échapper à la déportation. Car, si personne ne sait vraiment ce qui les attend, on connaît l’horreur du transport, entassés pendant des jours dans des wagons sans eau et sans vivres. Pour sauver ces enfants, le réseau truque les registres ou déclare décédés des nourrissons que l'on fait sortir en passant par la morgue... Malgré les soupçons des Nazis et plusieurs arrestations, des centaines d'enfants sont ainsi sauvés. Dernier membre vivant de ce réseau, Colette témoigne dans ce document bouleversant et essentiel.

"Non! les êtres humains ne sont pas tous des salauds !!!! Ce témoignage en est la plus bouleversante des preuves !!!! J'ai déjà lu beaucoup de témoignages sur l'antisémitisme pendant la seconde guerre mondiale en France; mais, celui-ci, non content d'être d'une force d'émotion rare, nous raconte un épisode inconnu de la plupart d'entre nous, la terrible situation de l'hôpital Rothschild situé à Paris et de son réseau d'exfiltration de jeunes enfants juifs et de blessés par des femmes et des hommes courageux qui refuseront de laisser ces êtres innocents conduits à la mort vers les camps de concentration .

C'est aussi un magnifique hommage à des femmes comme Colette Brull-Ulmann, Claire Haymann ...qui, avec un courage inimaginable, une modestie rare et au péril de leur vie s'unirent pour sauver des innocents de la barbarie !!! On tremble pour elles, on souffre avec elles, on est en colère avec elles, on est désespéré avec elles !!!! Histoires et situations incroyables qui vous laissent KO debout !

Ce livre est aussi le destin d'une famille juive d'Europe de l'Est qui choisit la France comme terre d'accueil et qui, malgré tous ses efforts, est trahie de la pire des manières par les citoyens et l'Etat de ce pays. Un témoignage qui nous fait mieux comprendre leur désespoir et leur incompréhension devant tant d'infamie . Témoignage qui donne la chair de poule tant l'horreur rime avec quotidien . Témoignage sur la lâcheté , la méchanceté , le racisme de certains français ...Temoignage de femmes et d'hommes à qui nous devons quelque chose d'inestimable: avoir redonné un peu d'honneur à ce pays qui, pendant des années, s'est vautre dans l'abjection !

UN IMMENSE DOCUMENT HUMAIN QUI REDONNE CONFIANCE MAIS QUI SONNE AUSSI COMME UN AVERTISSEMENT DANS CETTE PERIODE ACTUELLE OU DES SIGNES DE PUS EN PLUS FREQUENTS NOUS RAPPELLENT CES EVENEMENTS INSOUTENABLES !!!! UN TRES GRAND MOMENT DE LECTURE POUR COMMENCER CETTE ANNEE !!!!!"

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La Griffe Noire

4 , Rue de la Varenne 

94100 Saint-Maur-des-Fossés

France

Rentrée hiver 2018, Le panier garni de La XXVème heure

Jours brûlants à Key West, Brigitte Kernel

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Nous sommes en 1963. Au seuil de sa dernière demeure, Frank Merlo, amant de Tenessee William, décide de raconter deux semaines à Key West en 1955. Deux semaines, sous une canicule d'enfer, où se croiseront trois géants de la littérature: Tennessee William, Carson McCullers et... Françoise Sagan. Deux semaines durant lesquelles, un trouble s'inocule entre ces trois monstres sacrés.

Brigitte Kernel parvient, avec brio, à décortiquer la psychologie de ces trois personnages (quatre avec Frank Merlo). Elle impose par touches successives une tension crescendo où s'entrelacent intimité, sensualité, amours pluriels. De sa plume aiguisée, elle crée un environnement loin des cartes postales, où les coraux sont empreints de monstres et de légendes. C'est aussi, et surtout, un roman, un grand roman, sur la littérature et la nécessité d'écrire. Passionnant. Bref, un régal!

Céleste et Sagan, Pour l'amour de Proust, Jean-Claude Lamy

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Nous voici plongé dans une conversation imaginaire entre Céleste Albaret, la gouvernante et confidente de Marcel Proust, et Françoise Sagan, grande admiratrice du romancier, qui a trouvé son nom de plume dans La recherche et qui avoue lui devoir tant. Une autre manière de découvrir Sagan et de comprendre Proust. Jean-Claude Lamy parvient avec finesse à créer un dialogue inventé où tout est vrai. Point nécessaire d'être un connaisseur de ces deux auteurs pour se laisser porter par l'intelligence de la conversation. Surtout, ce tête à tête hors du temps révèle deux femmes qui vont se rencontrer, se reconnaître, à travers leur maître. Un régal!

 

 

Le bon coeur, Michel Bernard

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Nouveau coup force de Michel Bernard que nous avions déjà célébré pour son roman "Deux remords de Claude Monet". Le voici donc de retour avec "Le bon coeur" où il donne vie et lumière à... Jeanne d'Arc. Sujet "casse-gueule"? Certes! Mais l'auteur d'en sortir avec brio. De cette histoire, dont on croit tout connaître et qui a fasciné le monde entier, il en explore les chemins escarpés qui ont mené cette jeune paysanne jusqu'aux sommets. Un parcours jalonné de rencontres multiples. Ce n'est pas la révélation qui est ici disséquée, mais le comment. Comment Jeanne a-t-elle fait pour convaincre à chaque étape de lui donner les moyens de remplir la mission qu'elle s'est donnée? Comment sa personnalité s'est-elle construite?  Sans doute s'est-elle réalisée par le verbe qui, au-delà de l'action, s'est révélé verbe poétique et dès lors éloquent face au langage politique, intellectuel, abscons de l'Eglise et des gouvernants. On se laisse emporter par la plume limpide, cristalline, de Michel Bernard qui conjugue notre respiration à celle de Jeanne, qui marie les battements de nos coeurs à ceux de la petite fille des campagnes.  Et l'objectif du romancier de nous restituer la vie, dans sa simplicité, de cette jeune femme au prodigieux destin. Et l'écrivain de réveiller chez le lecteur l'émotion fragile du sentiment de l'aimer. Bref, un régal! 

Vie de David Hockney, Catherine Cusset

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Une plongée dans la vie d'une légende de la peinture contemporaine. Un hymne à la liberté d'être et de faire. La force dêtre et d'assumer ce qui nous a construit... Bref, Catherine Cusset réussit, dans un style ciselé et remarquable, à nous faire rencontrer David Hockney dans son génie (pas toujours reconnu), dans son époque (dont le virus est ultra présent), dans sa vie (dont l'humour et la dérision ne sont jamais absents). Un roman lumineux! Un roman où tout est vrai mais où trône l'intuition d'une auteure qui excelle dans l'autopsie des sentiments.

Né en 1937 dans le nord de l’Angleterre, David Hockney a dû se battre pour devenir un artiste. Il a vécu entre Londres et Los Angeles, traversé les années sida et secoué le monde de l’art avec une vitalité et une liberté que n'ont entamées ni les chagrins amoureux, ni la maladie, ni les conflits, ni le deuil. 

C'est donc l'histoire d'un p'tit gars qui va conquérir le monde en le peignant. C'est l'Angleterre, la profonde, qui rencontre l'Amérique de la côte ouest. Un portrait intime, émouvant, habité. Flamboyant! Magnifique! Et Catherine Cusset de creuser en toute discrétion son sillon dans le paysage littéraire. Bref, un régal!

La mise à nu, Jean-Philippe Blondel

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Bon, Jean-Philippe Blondel c'est le prince! Pas un roman que La XXVème heure n'a pas aimé! Et là encore de nous séduire avec "La mise à Nu" qui, d'une plume personnelle et délicate, analyse avec finesse ce moment délicat de la remise en question.

L'histoire? Celle de Louis Claret, un professeur vieillissant qui habite en province. Séparé de sa femme depuis quelques années, ses filles vivant désormais des vies très différentes de ce qu’il avait imaginé, il se laisse bercer par le quotidien. C’est sans réfléchir et pour remplir une soirée bien vide qu’il se rend au vernissage d’une exposition de peintures d’Alexandre Laudin - un ancien élève, jadis très effacé mais devenu une célébrité dans le monde artistique. Il ne se figure pas un seul instant à quel point ces retrouvailles avec Laudin vont bouleverser sa vie. La Mise à nu parle de ce qu’on laisse derrière soi, au bout du compte. Des enfants. Des amis. Des livres ou des tableaux... Jean-Philippe Blondel excelle dans l'art de l'impressionnisme du quotidien, du vivant. De sa plume intimiste, il ourle les phrases pour conter le charme délicieux d'une certaine mélancolie. Délectable, gracieux, subtil. Bref, un régal!

La chronique de Pascal, Mistral Perdu ou les événements, Isabelle Monnin

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Nous appartenons à la génération dont la mémoire est faite de chansons (Contrairement à nos parents et les guerres, nos enfants et les attentats). Grandi avec le transistor, épanoui avec le hit-parade, transi avec le tube de l'été. Les microsillons de notre existence rythmaient les battements de notre coeur. Mais un jour ou une nuit, le coeur s'arrête et les souvenirs demeurent... Isabelle Monnin l'a si bien compris et l'interprète avec brio et émotions à travers son dernier livre paru chez Lattès sous le titre "Mistral perdu ou les événements"...

L'histoire? Elle est multiple et plurielle. c'est l'histoire intime de deux sœurs qui grandissent ensemble dans la France provinciale des années 1980 ; et puis l’une meurt. C'est une hsitoire politique où l'on croit appartenir à un tout; et puis on ne comprend plus rien. C’est l’histoire du je et du nous, ces deux-là s’intimident, ils se cherchent, parfois ils se trouvent  ; et puis ils se déchirent. C’est l’histoire de valeurs, elles disent qui on est ; et puis elles se laissent bâillonner. C’est l’histoire d’un chanteur préféré, tendre et rebelle; et puis il finit par embrasser les flics. C’est l’histoire d’un hier, où ne comptait que le futur; et puis des aujourd’hui, malades du passé. C’est l’histoire d’un monde qui se croyait fort et paisible; et puis il réapprend la haine. C’est l’histoire qui nous arrive; et puis l’impression de ne plus y arriver.

Isabelle Monnin fait chanter les mots de la vie, de notre vie, de notre génération avec le refrain de l'universel et sa force romanesque. 

"Mistral perdu ou les événements" est la pochette surprise de la vie, du souvenir. Evidemment il y a toujours de la lumière quelque part même si notre coeur a déménagé.

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Pascal Laurent

Filigranes Corner

Avenue Lepoutre 21

1050 Bruxelles

La lune en plein jour et autres nouvelles, Hanif Kureishi

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Avec son sens aigu de l'observation, sa capacité à dresser en quelques lignes le portrait d'un personnage ou la complexité d'une situation, Hanif Kureishi confirme son talent de conteur et de physionomiste d'une société anglaise en pleine mutation. Et l'auteur de se faire chroniqueur d'un monde en proie à ses démons, ses ironies, ses contradictions, ses addictions, dans un sublime recueil "La lune en plein jour et autres nouvelles".

Loin des pavés tels 'Le bouddha de banlieue", "Quelque chose à te dire"...  il opte pour la forme courte, percutante, sèche, à l'os. Fildefériste des émotions, Kureishi explore les fêlures, les sentiments, les désirs multiples et pluriels, le mysticisme, les illusions et leurs contraires, au travers d'une picaresque galerie de marginaux. Si les contes se veulent cruels pour, d'un trait, fracasser la morale bien pensante, on ne peut que s'attacher à ces êtres en quête d'existence et de vérité. Des fêlures de l'amour aux rêves de gloire éphémère, de la misanthropie à l'équipée sauvage, de la beauté aux corps décharnés, Kureishi explore les arcanes d'une société en perte de repères et d'idéaux. 

La plume crue, taillée dans l'écorce, révèle une étrange poésie, fascinante et hypnotique, pour décortiquer le quotidien, les états d'âme d'antihéros aux destins fragiles. Sans doute l'un des écrivains anglais contemporains les plus intéressants, Hanif Kureishi parvient, en une trentaine de nouvelles, à sublimer le désenchantement. Véritable coup de coeur... Bref, un régal!


Je te dois tout le bonheur de ma vie, Carole d'Yvoire

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C'était il y a cent ans, à Londres, Virginia Stephen rencontrait Léonard Woolf. Elle, esprit fulgurant, atteinte de dépression chronique, obnibulée par la littérature et le besoin d'écrire, sensible au charme des femmes; lui, solitaire, visionnaire, doté d'un esprit politique aiguisé, peu enclin aux choses de la chair. Ils vont pourtant s'aimer, au-delà des codes et des conventions, unis autour de l'art et des idéaux. Ils vont pulvériser une certaine vision de l'Angleterre, créer le groupe Bloomsbury, fonder La Hogarth Press... et entrer dans l'Histoire. Carole d'Yvoire conte avec brio, et le talent d'une romancière, cette aventure amoureuse, humaine et intellectuelle.

Léonard et Virginia était fait pour se rencontrer. Elevés dans le quartier de Kensington, issus d'une certaine bourgeoisie, marqués par les mêmes stigmates de l'adolescence où la mort n'est jamais lointaine. Leurs parcours individuels s'entrelacent d'épreuves avant de les réunir dans une union plus proche de la communion que du mariage. Ils fréquenteront des intellectuels aux idées nouvelles, animeront la vie culturelle et marqueront à jamais l'histoire de la littérature.

Carole d'Yvoire place le lecteur dans les pas de ces deux êtres tant brillants qu'attachants, éclaire leur vie, décortique l'éblouissante société de Bloomsbury où se croisent Duncan, Keynes, Stephen, Maynard... mais aussi E.M. Forster, Vita Sackeville-West; des "mandarins"qui choisiront, malgré tout, l'intensité de l'existence.

Abondamment illustré, doté de deux nouvelles inédites, voilà un ouvrage passionnant, palpitant, qui se lit comme une épopée. De sa plume limpide, l'auteure explore les âmes de ces personnages d'exception, éclaire une époque marquée par la guerre, toujours engoncée dans le 19ème siècle. Intelligent, érudit, évitant  les travers de l'académisme, conjuguant tragédie et fulgurance... "Je te dois tout le bonheur de ma vie" est une réussite totale. Bref, un régal!

Les vrais durs, T.C. Boyle

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Si, comme le pense D.H. Lawrence, "L'âme américaine est dure, solitaire, stoïque", T.C. Boyle s'en révèle le subtil observateur et, de roman en roman, explore les tréfonds de ce qui compose cette Amérique en proie à une sombre exaltation. De l'individu à la communauté, de la particule à l'universel, il sonde ces zones inconscientes non encore délayées. Sa plume est acerbe, tendue, brute, ironique, pour plonger aux sources du mal, là où se nourrit cette violence inoculée dans l'histoire fondatrice d'une nation sans racines. Et son dernier opus, "Les vrais durs" (livre de poche), de s'inscrire dans la grande lignée de Mailer, Burgess, Dostoïevski.

L'histoire? Celle de Sten Stensen, ancien Marine à l'automne de sa vie. Lors d'une croisière au Costa Rica, il devient héros malgré lui, sauvant les passagers de l'attaque d'un chef de gang en le tuant à mains nues. Un fait divers donc.  Mais Sten a un fils, Adam, qui souffre de psychose paranoïaque. Il se prend pour un trappeur des temps modernes, vit dans les bois, voit des aliens... Le jeune homme rencontre Sarah, de quinze ans son aînée, et tombe dans ses filets. Totalement radicalisée, elle habite seule avec son chien, honnit la société, prône l'illégitimité du gouvernement, déteste toute autorité. Sous son joug, Adam devient incontrôlable et bascule dans une folie qui le mènera au crime. C'est ce parcours que Boyle conte au scalpel, posant la question: "comment la haine d'une société peut-elle mener un individu isolé à commettre un carnage?".

En filigrane de son oeuvre, l'analyse d'un autre phénomène: l'influence des gourous, des grandes figures légendaires, sur l'être. Une obsession chez cet auteur, fan de Coltrane, qui tente d'explorer, comme son idole, l'infini d'une antienne.

Auscultant la nation de l'Oncle Sam par le "judas" des marginaux, T.C. Boyle compose un roman en forme de concerto, bousculant les codes du classicisme pour évoluer dans un hypnotique crescendo. S'il se refuse misanthrope, ses personnages n'y échappent pas, dévoilant sans doute la vision inconsciente de leur créateur. Un livre fort, puissant, à l'os, qui embarque le lecteur dans une trépidante odyssée dont il sortira malmené, rudoyé... mais sans aucun doute plus humain. Bref, un régal! 

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Liberia, Christophe Naigeon

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Ce n'est pas un simple roman historique, c'est un roman absolu! De ceux qui vous entraînent sur les traces des grands conteurs; ces auteurs qui savaient vous narrer l'Histoire avec passion, puissance, suspense, intelligence, révélant les secrets cachés du monde et de son évolution. Car si le passé n'éclaire le présent, l'esprit marche dans les ténébres, "Libéria" illumine, questionne, souligne. Et Christophe Naigeon de révéler les mécanismes du pouvoir où les hommes de bonnes intentions se perdent dans les arcanes de la tentation.

Nous sommes donc en 1807 au coeur du Massachusetts. À dix-huit ans, Julius Washington est apprenti journaliste au Mercury. Fils d’une ancienne esclave et d’un marin de passage, il rêve de voyager. Un jour, le capitaine Paul Cuffee, riche quaker noir, bouleverse son existence. Il l’embarque à bord d’un de ses navires à destination de Negroland, mystérieuse contrée à l’extrême ouest de l’Afrique. Ensemble, ils vont réaliser un rêve : le grand retour des esclaves sur la terre de leurs ancêtres. À l’assaut des océans, Julius affronte de terribles tempêtes et rencontre les personnages les plus inattendus et les plus extravagants : un négrier français au grand coeur, des planteurs désabusés et d’étranges indigènes, des prêtres affairistes et des trafiquants d’armes, un incroyable homme-léopard et la belle esclave Diana… Ses pérégrinations l’entraînent dans un tourbillon d’aventures qui le conduit d’un continent à l’autre, et le rend témoin de la naissance d’un pays de rêve et de malheur : le Liberia.

Christophe Naigeon dévoile une plume dense, envolée qui creuse les nervures de l'Histoire. Il convoque l'âme humaine pour en décortiquer les méandres. Si le mot Libéria trouve son origine dans Liberté, la  nouvelle République indépendante, proclamée en 1847, sera elle aussi empreinte de racisme; verra la  citoyenneté bafouée. Et l'auteur d'opposer utopie, idéalisme et réalité. 

Une fresque captivante, fascinante... véritable page turner, on ne lâche pas. Nuit blanche assurée. Bref, un régal!

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Rencontre avec Grégoire Polet, SMEP 2017

SMEP 2017 : En tête à tête avec Grégoire Polet: une rencontre pleine d'intelligence et d'humanité

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Rencontre avec Catherine Locandro, SMEP 2017

SMEP 2017 : Rencontre avec Catherine Locandro

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