La XXVème heure

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Cher visiteur,

La XXVème heure est ce moment de grâce, où tout est naturel, où le présent se veut indicatif sans être conditionnel... et cet instant révèle des terres fertiles, entre le jour et la nuit, au rythme des mots, des phrases... du livre qui nous accompagne. Déjà hier s'est fondu parmi les ombres du passé, demain n'a pas encore surgi du futur. Vous avez découvert un espace intermédiaire où les affaires de la vie ne font pas intrusion; où l'instant fugitif daigne s'attarder pour devenir un vrai présent; un  lieu où le temps, lorsqu'il se croit à l'abri des regards, s'assied au bord du chemin pour reprendre son souffle.

C'est vrai, lire est un acte égoïste, une délectation solitaire. Mais on lit par amour! On tombe amoureux d'une histoire, des personnages, de l'auteur et enfin... de la littérature. Cette altesse à laquelle on donne rendez-vous chaque fois que l'on s'abandonne à un nouvel ouvrage. C'est là que se trouvent mes parfums d'enfance, mes joies, mes plaisirs, mes surprises... Plus que les Hommes, les livres m'ont construit. Je leur dois ma vision du monde et ce que j'en comprends. Les écrivains sont mes amis, leurs héros mes compagnons, leurs héroïnes mes secrètes maîtresses. 

Ces quelques chroniques disent ma gratitude. Je suis leur enfant tout à la fois rebelle et soumis. J'ai vécu leurs œuvres. Je me suis baigné sur une plage à Corfou avec Ulysse, j'ai marché dans Rome et au Lac de Côme avec Stendhal, navigué en mer et fait la guerre d'Espagne avec Hemingway, passé des matinées à Manosque avec Jean Giono, j'ai été Bel-ami et Rastignac, J'ai plongé dans le cœur des femmes avec Zweig et dans celui des Hommes avec Hugo... Quelques-uns aussi m'ont suivi partout, tandis que de nouveaux interpellent ma curiosité.

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Les oiseaux de passage, Bénédicte des Mazery

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Chaque roman de Bénédicte des Mazery est une pépite... Celui-ci est un joyau! 

L'auteur de "L'ombre d'un Homme" plonge dans un univers discret, peu connu de l'Histoire: la prison pour jeunes garçons de « la petite Roquette », à Paris. En 1838, Jacques a onze ans lorsqu’il est incarcéré à la demande de son père afin de le corriger. Vagabonds, voleurs, orphelins ou enfants placés, des centaines de garçons sont détenus dans des cellules austères; isolés dans des cages comme celles qui emprisonnent les oiseaux de passage. Terrifié par cet univers sombre, Jacques vit dans l’espoir de retrouver sa mère et croise le destin de compagnons d’infortune: Narcisse, Octave, Séraphin le rêveur et Charles le doux poète inspiré par Victor Hugo. Comme des moineaux affamés, ces enfants survivent dans des conditions pitoyables au milieu de surveillants cruels. Seul l’abbé Crozes semble pourvu d'un peu de dignité dans ce monde clos et violent.

De sa plume ciselée, réaliste, Bénédicte des Mazery lève le voile sur le quotidien bouleversant de ces gamins portés par l’espoir de retrouver la liberté..

Et l'auteur de conjuguer, avec une rare finesse, l'onirisme et la beauté au coeur des ténébres. En filigrane: un siècle de mutations, la puissance d'Hugo, l'impossibilité de l'insouciance et... une profonde humanité. Bref, un régal!

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Le roman de Boddah, Héloïse Guay de Bellissen

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Un grand, très grand, roman d'amour où se conjuguent douceur et fureur, rage et fragilité. Une époque, celle des eighties - nineties. Un style, le grunge. Une icône qui rejoindra le triste club des 27. Une blonde platine, intelligente, vulgaire et sexy. C'est l'histoire de Kurt Cobain et Courtney Love. C'est le récit d'une fièvre fusionnelle, passionnée, destructrice. C'est la drogue, les rêves brisés, la violence de l'enfance, l'incompréhension du monde adulte.

Et l'auteur, Héloïse Guay de Bellissen, d'explorer ces sentiments avec le talent d'un Zweig made in punk!

Boddah? Le Jiminy Criket d'un gamin paumé, nommé Kurt... Durant vingt-sept années, jusqu'au moment de se faire éclater la cervelle, Kurt Cobain n’a cessé de s’adresser à son double. De l'enfance débridée, du coup de foudre entre l’icône et la princesse déjantée, des tournées triomphales aux soirs de doute, Boddah a tout vu et tout entendu. Il tenait tête à Kurt, l'apostrophait, le brocardait, le maltraitait aussi parfois. Au son des guitares fracassées, au rythme des "shoot", de l'ombre à la lumière, des fulgurances à l'angoisse, qui mieux que lui pour conter le parcours fulgurant, convoquer les méandres de l'inconscient, interpréter les troubles, de cette étoile filante que fut le chanteur de Nirvana. 

Rock'n'Roll et universel, ce roman est une claque! Le style est impressionnant de justesse. Passionnant, intelligent... Bref, un régal!

 

WILL le Magnifique, Stephen Greenblatt

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Eblouissant! Génial!!!!

L'histoire d'un provincial, futur génie, avide de gloire, amoureux de théâtre, qui avant de devenir une icône sera fracassé par les échecs. Cet homme, c'est William Shakespaere. Himself! Qui était-il ? Qui était-il vraiment dans cette époque complexe de la Renaissance made in England, dans ce Londres où se conjuguent puanteur et raffinement? De l’homme, rien ou presque n’a survécu. Seule l’oeuvre a traversé les siècles. Se pourrait-il qu’elle éclaire une partie de ce mystère que le dramaturge semble avoir délibérément entretenu ? Stephen Greenblatt le croit. Et avec sa tranquille érudition nous en offre une lecture passionnante, la confrontant à l’histoire du XVIe siècle élisabéthain et aux plus récentes découvertes. La voix de Shakespeare est alors si présente, l’Angleterre décrite si vivante qu’elles donnent à l’ouvrage une saveur d’autobiographie. Le monde dans lequel le dramaturge a grandi revit sous nos yeux, les rites et les traditions, les travaux des jours et des saisons, les expériences sensorielles et émotionnelles. On découvre avec étonnement comment s’est forgé l’imaginaire de l’artiste, de quels souvenirs son oeuvre est pétrie, quelles associations d’idées sont à l’origine d’un vers ou d’une scène, comment cet homme, qui a fui sa contrée natale et le métier de gantier qui lui était promis, a transformé sa vie, sans appui ni héritage, en une incroyable success story. Mais le portrait serait incomplet s’il n’avait pour toile de fond l’Angleterre elle-même, Londres et sa prodigieuse vitalité, coeur d’une nation déchirée par les persécutions religieuses et sur le point de basculer du Moyen Âge vers les Temps modernes, dans cette Renaissance foisonnante que Stephen Greenblatt raconte mieux que personne.

Ce livre va transformer votre vision de l'homme Shakespeare; surtout, il va vous donner une furieuse envie de (re)lire son œuvre !! Bref, un régal...

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Prix Cercle Chapel 2016

Entre Faulkner et Giono, McCarthy et Steinbeck... Un grand roman !

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Middelmarch, George Eliot

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Middlemarch (1871-1872) est sans doute le plus beau roman de George Eliot, en tout cas son roman le plus complet (le sixième sur sept). 

Deux intrigues sentimentales principales, l'histoire des deux mariages de Dorothea et le mariage malheureux de Lydgate, jeune médecin ambitieux, avec la vulgaire Rosamond Vincy, se détachent sur un fond foisonnant de personnages et d'événements, d'épisodes intéressants, amusants, émouvants. Un des charmes de George Eliot est dans cette surabondance de détails. 

En préface de l'édition Folio, un beau texte de Virginia Woolf sur George Eliot : «L'issue fut triomphale pour elle, quel qu'ait pu être le destin de ses créatures ; et quand nous nous rappelons tout ce qu'elle a osé, tout ce qu'elle a accompli, la façon dont, malgré tous les obstacles qui jouaient contre elle (le sexe, la santé, les conventions), elle a cherché toujours plus de savoir, toujours plus de liberté jusqu'au jour où le corps, accablé par son double fardeau, s'effondra, épuisé, nous devons poser sur sa tombe toutes les brassées de lauriers et de roses que nous possédons.» 

Bref, un régal!

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Le panier garni de la XXVème Heure, été 2016

Le nuage d'obsidienne, Eric McCormack, Christian Bourgeois éditeur

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*Formidable roman d’aventures, d’amour et de secrets de bibliothèque où se conjuguent génie des coïncidences et talent du récit... Harry Steen, dirigeant canadien d’une entreprise qui travaille pour l’industrie minière, se trouve à La Verdad, au Mexique, lorsqu’une averse orageuse s’abat sur le chemin de son hôtel et le force à s’abriter précipitamment chez un bouquiniste. En attendant que la pluie cesse, il fait le tour de la petite boutique obscure, et trouve avec stupeur, au milieu des vieux livres moisis et poussiéreux, un mystérieux ouvrage publié en Ecosse au 19e siècle, sur la couverture duquel est inscrit le nom de « Duncairn », ce qui le ramène brutalement presque trente ans en arrière dans cette petite ville des Uplands où il a laissé son amour de jeunesse. De retour chez lui avec l’objet qui semblait lui être destiné, Harry Steen écrit au conservateur des livres rares de Glasgow dans l’espoir d’être éclairé sur son trésor. Commence alors une enquête bibliographique distillée en même temps que notre héros remonte le cours de sa vie, un vrai roman d’aventures conradien. Chef d’entreprise prospère, veuf et père d’un jeune homme féru lui aussi d’antiquités, Harry Steen est né dans un quartier pauvre de Glasgow. Après ses études, il embarque pour l’Afrique, où il travaille dans un dispensaire, puis, au fil des rencontres de hasard et des opportunités, il passe sa jeunesse à bourlinguer, traverse les océans en cargo, se perd dans la jungle et délire dans la touffeur tropicale, avant de croiser celui qui fera de lui l’héritier d’une firme multinationale. Au cours de ses périples, il connaît des personnages étonnants qui lui racontent leur histoire, l’occasion d’explorer les tréfonds de l’âme humaine par le truchement de récits cruels où la frontière entre réalité et fiction s’avère poreuse. Harry n’en finit pas de percer à jour les liens pervers entre les hommes, les amours tortueuses et les filiations confuses, dans un jeu de piste infini où la paranoïa menace. L’auteur, conteur hors-pair, ne lâche pas son héros ni son lecteur, entraînant celui-ci dans des péripéties sans boussole, avec une carte où les frontières des territoires intérieurs sont à moitié effacées. Voici donc un roman mille-feuille, empreint de secrets. Un livre addicitif. Bref, un régal!

*Onlalu

J'ai vu un homme, Owen Sheers, Rivages

9782743633219L'efficacité d'un thriller psychologique, la subtilité des meilleurs romans anglais, la réflexion sur notresociété et une lucidité digne de George Orwell, la passion d'une histoire d'amour inoubliable: on trouve tout cela dans cet épatant premier roman. Owen Sheers réussit à merveille à tisser les destins de trois hommes d'aujourd'hui, rongés par le deuil, le remord, la conscience des occasions manquées. "J'ai vu un homme" tient ce pari impossible d'être tout à la fois totalement passionnant et profondément bouleversant.

Wanderer, Sarah Léon, Editions Héloïse d'Ormesson

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Au cœur de l'hiver, Hermin s'est isolé au Pommier Chenin pour composer un Hommage à Schubert. Sa studieuse quiétude prend fin un soir avec le retour inopiné de Lenny, son protégé, disparu sans la moindre explication dix ans plus tôt. Pianiste de génie, le jeune homme, amaigri et tourmenté, lui annonce qu'il a définitivement renoncé à la musique. Dès lors, deux récits se répondent, celui de ces retrouvailles, maladroites, où planent les secrets d'un départ auréolé de mystères, et en écho, celui de leur rencontre, de leur amitié et de leur osmose musicale, jusqu'à l'inévitable rupture. On devine le trouble de Lenny, incapable de trouver sa place et encore encombré du souvenir d'Iris, dont son professeur était alors épris. Hermin est quant à lui partagé entre la colère, suscitée par l'attitude de son ami, et un sentiment d'attachement au-delà de toute raison. 
Porté par une mélodie schubertienne et de subtiles références poétiques et musicales, "Wanderer"  se révèle un roman d'amour d'une délicatesse rare. On découvre deux hommes, dont les talents complémentaires, la composition et l'interprétation, se sont heurtés à une passion tue et occultée. La narration en flashback rythme cet adagio, limpide et crépusculaire. Une pépite! Bref, un régal...

Eh bien dansons maintenant!, Karine Lambert, JC Lattès

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Un véritable bonbon estival. Une douceur dont on se délecte sous l'olivier. Une histoire qui donne espoir, qui fait croire en l'amour, qui explose les clichés et révèle que l'âge est un champ des possibles, que la vieillesse est une terre fertile pour les sentiments... Elle aime Françoise Sagan, les éclairs au chocolat, écouter Radio Bonheur et fleurir les tombes.Il aime la musique chaâbi, les étoiles, les cabanes perchées et un vieux rhinocéros solitaire. Marguerite a toujours vécu dans l'ombre de son mari. Marcel a perdu celle qui était tout pour lui. Leurs routes se croisent, leurs coeurs se réveillent. Oseront-ils l'insouciance, le désir et la joie ? Après le succès de "L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes", Karine Lambert signe un roman lumineux sur la fragilité et l'ivresse d'une histoire sentimentale à l'heure où l'on ne s'y attend plus. On en sort heureux, apaisé. Et l'auteur de réveiller chez le lecteur une furieuse gourmandise amoureuse.

Chasseurs de neige, Paul Yoon, Albin Michel

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Poétique, léger dans la profondeur, ce roman est une merveille. Nous sommes en 1954. A la fin de la guerre de Corée et au sortir des camps de prisonniers établis par les Américains, Yohan, un jeune soldat du Nord, se voit proposer, comme à des milliers de ses camarades d'infortune, de s'expatrier. Il choisit le Brésil, dont il ne sait rien et ne parle pas la langue, et s'installe, en vertu d'un accord passé avec les Nations unies, dans un village sur la côte où il trouve du travail. Bien qu'étranger sur cette terre, Yohan trouve un père en la personne de son employeur, Kiyoshi, un tailleur japonais établi là depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, puis une famille auprès de Peixe, fils de pêcheurs devenu gardien de l'église du quartier, et de deux jeunes orphelins. Mais vouloir se construire un présent n'efface pas un passé douloureux, et Yohan devra se battre pour chasser les démons qui le hantent... Et l'auteur de saisir avec une infinie subtillité l'essence de la vie et sa beauté dans la résilience d'un être qui survit à l'horreur et réinvente sa destinée.

Alexis Vassilikov, Bernard Prou, Livre de Poche

9782253069409-001-TÀ la veille de sa mort, Guy de Maupassant connaît une idylle avec la peintre russe Lioubov Vassilkova. Deleur union naît Alexis, leur fils irrévélé. À l’âge de 13 ans, il quitte la France avec sa mère pour la Russie révolutionnaire. Devenu psychiatre, il fait bientôt partie de l’entourage proche de Staline et se retrouve déporté au goulag de Mirny, en Sibérie, où on l’initie à la franc-maçonnerie dans une loge clandestine. Ses engagements, sa bonne fortune, l’appui occulte d’un chamane yakoute et l’amour de la belle Ayami, lui rendent la liberté et son pays natal. En 1940, Alexis rejoint la Résistance dans le maquis de Haute-Loire. Dans un souffle épique et picaresque, l’auteur dévoile la vie trépidante d’un homme hors du commun, et pourtant méconnu, pris dans les remous du XXe siècle. Une incroyable réussite, passionant, envoûtant... Bref, un régal!

La vie et les confessions d'Oscar Wilde, Frank Harris

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"Quand les Dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières"! Sans doute cet aphorisme s'inscrit-il en filigrane de la vie d'Oscar Wilde, ce dandy "So British" qui conjura toutes les conventions revendiquant le droit d'être -"Esto Quod Es"- et qui, pour ne pas se dévoiler - trop élégant sans doute- répondait aux sondeurs d'âmes "Le vrai mystère est le visible et non l'invisible".

Mais, qui était Oscar Wilde ?

« Je l’ai connu pendant près de vingt ans, intimement, depuis l’université jusqu’à sa mort. Je l’ai vu au temps des luttes de ses débuts, puis soulevé par la vague culminante du succès pour s’effondrer l’instant d’après dans l’abîme de la haine et du mépris populaires. Je l’ai visité dans sa prison, j’ai partagé ses joies quand il fut libre. Je l’aimais du commencement à la fin, comme nous autres, mortels, pouvons aimer, avec des interludes de vaines colères et de désaccords passagers, mais somme toute, avec une admiration enthousiaste et une affection constante. »

Frank Harris fait ici le portrait d’un artiste d’exception, causeur érudit à l’humour décapant et à la voix ensorcelante, dandy extravagant dont la flamboyance fascine et agace, auteur brillant de textes drôles et satiriques tout comme d’œuvres à la beauté profonde et douloureuse. Mais sous le regard à la fois critique et admiratif de Harris, Oscar Wilde apparaît aussi dans toute sa complexité, ses ambiguïtés, ses faiblesses : un homme victime de ses passions et d’une société dont Harris fustige le puritanisme, l’étroitesse d’esprit et l’injustice. Passionnant. Le roman incroyable d'une vie exceptionnelle... IN-DIS-PEN-SA-BLE!!!

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Prix Cercle Chapel, un nouveau prix littéraire...

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Le fantôme de la Mary Celeste, Valérie Martin

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Voilà un grand roman d'aventure. Un grand roman tout court. Un de ceux où le souffle épique, porté par une plume flamboyante et limpide, entraîne le lecteur au coeur des énigmes de l'Histoire. Une odyssée littéraire qui perçent les arcanes d'une époque encore sous le joug victorien. 

L'histoire? Nous sommes le 4 décembre 1872. Au large des côtes des Açores, le navire Mary Céleste dérive. A bord, tout semble normal: cargaison intacte... mais pas âme qui vive, l'équipage s'est volatilisé. On ne le retrouvera jamais. En route vers l'Afrique, un jeune écrivain, encore inconnu, Arthur Conan Doyle, cherche à se faire un nom. Un vent favorable lui conte l'étrange histoire de ce bâteau fantôme dont il s'empare pour en écrire le récit. Très vite, son roman fait sensation outre-Atlantique fascinant deux femmes que tout oppose: Violet Petra, une médium très en vogue dans la bonne société de Philadelphie, et Phoebe Grant, journaliste d'investigation, qui cherche à déstituer celle qui prétend parler avec avec les morts. En parallèle, la famille du capitaine marquée par ce drame. Chacun détient une partie du secret... Et pour le public de l’époque victorienne, obsédé par la mort, un fascinant mystère…Que s'est-il réellement passé cette nuit d'hiver?

Entre Stevenson, Melville et Collins, Valerie Martin, prix Orange pour Maîtresse, revisite l’histoire d’une des plus célèbres énigmes maritimes: celle d'un navire surgi d’une brume semblable aux ténèbres, un écrivain débutant à la veille de la gloire, l’émergence d’une ferveur spirituelle troublante et inédite. Trois trames qui convergent en filigrane d’un récit aussi tumultueux que les tempêtes océanes. Un roman envoûtant où se conjuguent réflexions sur l’amour, appréhension du deuil... Et si les légendes se revélaient plus fortes que la vérité? Une totale réussite... Bref, un régal!

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