warthonAaaaahhhh, Edith Warthon… Femme sublime. D’une élégance rare tant dans l’allure que dans le génie littéraire.« Chez les heureux du monde » demeure l’un des grands romans du début du XXème siècle : l’histoire d’une femme qui combat pour exister. Ainsi, un après-midi de septembre, à la gare de New York, Maître Selden rencontre par hasard Miss Lily Bart ; elle vient de manquer le train qui devait la conduire chez des amis et accepte de prendre une tasse de thé chez l'avocat. C'est l'occasion pour lui de faire une cour discrète à cette jeune femme de vingt-neuf ans, orpheline charmante mais sans argent, qui aimerait faire un riche mariage. Pour elle, ce tête à tête chez un célibataire est la première entorse aux bons usages d’un certain monde.

Evocation brillante de la haute société new-yorkaise, où la richesse ne compte qu'affichée, le roman fonde son intrigue sur le thème du mariage et de l'ascension sociale.

 Mais Lily Bart confond la vie et les fausses valeurs auxquelles elle sacrifie son âme. Voilà un texte sophistiqué, intelligent, fin, cruel, cynique… d’une lecture réjouissante, savoureuse. Warthon offre une description ciselée de la méchanceté des hommes au cœur d’une société qui ne peut souffrir que les femmes y warthon 2prennent leur place. Elle taille sur-mesure le portrait d’une société en déclin dont elle décode avec luminosité les mœurs désuets et décadents.

Auteur hors du commun, confidente d’Henry James elle en épouse l’acidité. Admiratrice de Proust, elle en célèbre l’ironie.

Voilà donc un roman qui fait aimer les livres !  

Chef-d’œuvre.