ishiguro3Même si un butler possède la dignité, qu'en est-il de sa grandeur? se demande Stevens, le très sourcilleux majordome de lord Darlington. Le monde est une roue qui tourne autour du moyeu des maisons anglaises «distinguées», où ducs et lords ont toujours construit la politique de leur pays sous les yeux de valets plus aristocrates encore que leurs maîtres.

Avec "Les vestiges du jour", Ishiguro, Booker Prize 1989, dissèque la période des années 30, où Ribbentrop était l'invité des fascistes anglais tels qu'Oswald Mosley ou le marquis de Bath. Il y a du samouraï dans la totale abnégation de Stevens à l'égard de Sa Seigneurie, dans sa confiance aveugle en une cause douteuse, dans sa rivalité avec un père dont l'autorité professionnelle l'a castré, dans la façon dont il passe à côté de sa vie et de la délicieuse Miss Kenton.ishiguro2

Ishiguro livre ici son troisième roman. Sans doute celui de la perfection. Certes, il y en a eu avant et après mais aucun n'a  rivalisé avec celui-ci.

"Les vestiges du jour" s'inscrit déjà comme un classique de la littérature anglaise. Une  analyse toute en finesse de la société britannique et ses moeurs, une étude subtile de l'abnégation, le tout servit par un style d'une d'une rare pureté.