kingsolverVoilà un roman qui avait attiré mon attention lors de sa sortie et qui, pourtant, passa entre les mailles de la rentrée littéraire de 2010. Sans doute aussi ai je été happé par d'autres priorités. Pourtant, ce titre trottait dans ma tête comme une petite voix. Il se rappelait à moi régulièrement.

Lors d'une errance entre les rayons d'une librairie bruxelloise, une couverture de Rivages/poche semblait me faire un petit clin d'oeil et me voilà à nouveau devant "Un autre monde" de Barbara Kingsolver. Cette fois trop de coïncidences. Rejoignant l'idée d'Eluard que le hasard n'existe pas mais qu'il y a des rendez-vous, je ne voulais pas manquer celui-ci.

Le soir même je plongeais dans une aventure épique aux côtés de Harrisson William Shepherd traversant avec lui les plus tumultueux événements du XXème siècle. Aaah cet Harrison, personnage inoubliable, à la recherche de son identité, guidé par l'idée que: "Il y a, en chacun de nous, un autre monde. La chose la plus importante est toujours celle que l'on ne connaît pas."

Barbara Kingsolver nous entraîne dans un voyage homérique, de la ville de Mexico des années 30 - où le lecteur rencontre Frida Kahlo, Diego Rivera et Trotsky, leader politique en exil - à l'Amérique de Roosevelt et J. Edgar Hoover, en plein maccarthysme.

Avec une galerie de personnages attachants, émouvants, conjuguée à un réel sens de la description des lieux et à une analyse intelligente de la façon dont l'Histoire - la grande et la petite- peut façonner une vie, l'auteur livre bouleversant portrait d'artiste et s'interroge sur l'essence même de l'art.kingsolver1

Barbara Kingsolver est née aux Etats-Unis en 1955. Biologiste, féministe, écologiste engagée, luttant
contre les lobby's, elle partage aujourd'hui son temps, avec son mari et ses deux enfants, entre l'Arizona et sa ferme dans les Appalaches. Elle est aussi journaliste, romancière et poète.

"Un autre monde" reçu le Booker Prize en 2010. Certes, ce n'est pas toujours un gage de qualité, à l'instar du Goncourt... Mais là, force est de constater qu'ils avaient raison. On y plonge avec gourmandise et on voyage avec passion à travers les lieux et le temps...