orbanAu cœur de la passion, la création !

Christine Orban ressuscite Viginia et vita : une histoire d’amour et de littérature

Il y a Virginia Woolf, auteur majeur qui bouleversa les codes de la littérature anglaise au début des années 1900, mariée à Léonard, son éditeur, avec qui l’amour n’a rien de charnel et semble s’épanouir dans une relation vouée à l’œuvre de l’écrivain. Virginia se veut solitaire, anxieuse, totalement réfugiée dans  l’imaginaire et l’écriture. Instable, tourmentée par des blessures de jeunesse, elle connaît des épisodes de folie dont seule la littérature semble la sauver. La littérature et la passion ! Celle pour Vita, Vita Sackville-West, aristocrate flamboyante, richissime, mondaine, courtisée, frivole, affichant sans pudeur ses amours multiples…orban3

Nous sommes en 1927, Virginia et son mari résident non loin du château familial de Vita. Les deux femmes s’aiment. Vita nourrit l’inspiration de Virginia qui en fera le héros de son plus grand roman : Orlando. En filigrane, c’est un monde, une époque qui sert de toile de fonds à l’œuvre : le groupe Bloomsbury, le déclin d’un certain empire…

orban1De sa voix douce et légèrement fissurée, au timbre si particulier, Christine Orban nous conte ses relations particulières avec Virginia Woolf. Elle tisse des liens que le temps ne régit pas, souligne sa fragilité, sa fascination pour les silences et l’absence. De sa plume élégante, elle nous dévoile les états d’âmes de ces deux femmes, nous fait pénétrer dans leurs cœurs et leur intimité, dévoile les secrets de la création littéraire et signe, en fildefériste, une « autobiographie » de la passion…

Virginia Woolf, une âme sœur ?

« Virginia m’accompagne depuis si longtemps que je la considère comme une amie  et que l’on ne peut bien me connaître sans la connaître elle. Nous sommes très proches…. En découvrant son œuvre,  Je me suis sentie moins seule. Même si un siècle nous sépare, ce que je ressens et ce qu’elle confesse ont une grande similitude.  La relation à la vérité est difficile et celle qu’elle entretient est bouleversante.».

Peut-on parler d’identification ?

« Certainement ! Au travers de ses fragilités. Nous n’avons pas les mêmes douleurs mais des parcours analogiques. Si elle est dépressive, je suis mélancolique… Pour toutes les deux, l’écriture se révèle une façon de comprendre, d’appréhender le monde, de se rassurer».

Vous confessez que la seule trace que laissera un écrivain est son œuvre

« Absolument. L’œuvre demeure l’essentiel ».

Plus que la vie ?

«Pour Virginia, indiscutablement. Les blessures de l’enfance étaient trop profondes que pour affronter l’existence. Ecrire était le moyen de survivre. Il ne s’agit  pas d’une fuite, c’est une forme de recréation qui donne un sentiment de pouvoir et de puissance. En ce sens je la comprends».

Comment aborder Virginia Woolf?

"Elle fut un auteur prolixe. Son oeuvre est magnifique mais difficile si elle n'est pas éclairée par la vie de Virginia. Une bonne introduction demeure son journal. Passionnant et sublime, il donne les clés de l'oeuvre romanesque".

Votre roman fut publié en 1990 sous un pseudonyme. Pourquoi le rééditer aujourd’hui sous votre nom ?

«C’était vital. Ce roman occupe une place fondamentale dans ma vie».

Votre meilleure (auto)biographie ?

« Sans doute…»

Interview-> Didier Debroux

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