saisonsVoilà un roman choral qui renoue avec la grande tradition romanesque du XIXème. Un de ces romans-fleuves où l'on se laisse glisser, où l'on musarde dans les entrelacs, étonné par la multitude des personnages, gourmand de leurs destins hauts en couleur dans cette mystérieuse Normandie du milieu du XIXe siècle, encore hantée de magie, de sorciers, d'incestes et de crimes cachés...

Il y a du Maupassant et du Balzac chez Victor Cohen Hadria, dans sa saisons1manière de décrire scientifiquement les vices et les violences d'une société sournoise, brutale, avide d'argent. L'ancêtre de la nôtre. L'ampleur socio-romanesque se nourrit aussi du regard très intime d'un médecin veuf, humaniste et rongé de passions, de pulsions, à travers lequel on suit une intrigue soudain démultipliée*.

D'une construction intelligente, les Trois Saisons de la rage relève, de part sa narration, d'un Sandor Maraï. On y suit d'abord l'histoire d'un soldat, Brutus, via les deux médecins qui l'aident à écrire sa correspondance, l'un aux armées, l'autre au village. Puis le journal du médecin de campagne nous fait revivre autrement l'affaire et bien d'autres encore... l'auteur s'amuse à brouiller les pistes, tout se trou­ble, mais la rage de vivre, de jouir, de mourir truffe la saga d'une diabolique énergie...

Un roman envoûtant, passionnant qui doit surtout son succès aux libraires et aux... lecteurs! 

 

*(Télérama)