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Normalement, le titre devrait vous être connu "Le hussard sur le toit", et l'auteur tout autant: Jean Giono.

Mais qui lit encore Giono aujourd'hui. Injustement oublié des jeunes générations, pourtant sacralisé par une poignée d'inconditionnels.

Le hussard sur le toit, dont Jean-Paul Rappeneau à tiré un merveilleux film, est un

gionosublime roman d'amour. L'histoire d'Angelo et Pauline qui s'aimeront dans une provence dévastée par Choléra.

Giono est un voyageur immobile, né en 1895 à Manosque où il décèdera et aura passé l'essentiel de son existence, son père était Piemontais. Comme beaucoup de jeune gens de sa génération, Giono sortira traumatisé de la Grande Guerre (14-18) où il aura subit les affres des gaz dans les tranchées. Il en nourrira un pacifisme extrême qui lui sera souvent reproché. Il publie ses premiers romans à partir de 1929, inspire plusieurs films à Marcel Pagnol, et achève le Hussard en 1951.

On ne peut s'empêcher de faire le lien avec Stendhal et La Chartreuse de Parme qui, tous les deux, s'articulent autour d'une histoire d'amour et de cap et d'épée. Angelo est Italien idéaliste et noble de coeur, Pauline est lumineuse.

Nous sommes aux alentours de 1830, A travers tout le Midi, le choléra frappe et se propage alors que grondent les menées révolutionnaires des carbonari piémontais.  Angelo Pardi, jeune colonel de hussards exilé en France, est chargé d'une mission mystérieuse: retrouver Giuseppe qui vit à Manosque. Mais le choléra sévit : les routes sont barrées, les villes barricadées, on met les voyageurs en quarantaine.

On soupçonne Angelo d'avoir empoisonné les fontaines ! Seul refuge découvert par hasard, les toits de Manosque. Entre ciel et terre, il observe les agitations funèbres des humains, contemple la splendeur des paysages et devient ami avec un chat. Une nuit, au cours d'une expédition, il rencontre une étonnante et merveilleuse jeune femme, Pauline. Tous deux feront route ensemble, connaîtront l'amour et le renoncement.

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Si Camus associait la peste à la tragédie du Nazisme, chez Giono, le choléra est une figure de la

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guerre, catastrophe contre laquelle sont impuissants ceux qui y sont entraînés; et plus généralement c'est une figure du mal.

Roman picaresque, épopée époustoufflante à travers cette provence qu'il chérissait tant, " Le hussard sur toit" inaugure une trilogie dont les deux autres volets sont Angelo et le Bonheur fou. Une fresque incroyable, portée par un souffle épique avec, en filigrane, une réflexion sur l'humanité et ceux qui la composent, nous les Hommes....Un message toujours aussi contemporain sous une plume dense, intelligente, poétique. Un auteur à lire et à relire. Et, si un soir vous vous promenez sur les hauteurs de Manosque, ne soyez pas étonné d'y apercevoir une petite silhouette voûtée, flanquée d'un longue pipe, qui vous lancera un signe amical....