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Querry a perdu la foi – la foi en Dieu, la foi en son amour pour les femmes, la foi en sa vocation d'architecte qui construit des églises... Pour échapper à sa condition de « mort-vivant » et – qui sait ? – pour retrouver un sens à sa vie, il fuit son quotidien de nanti pour l'Afrique aux mille masques. Il échoue au Congo belge, dans une léproserie, ou il tentera de « soigner » son indifférence au monde, aux autres. Ce pourrait être un avant-goût du bonheur et une possible renaissance, si un jour il n'était reconnu par un journaliste avide de sensationnel. Après avoir cherché à faire de lui un héros, un saint, il le placera au centre d'un scandale.

Mais un nouveau départ est-il envisageable pour celui qui est revenu de tout ? Rejoint par ce qu'il

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avait voulu fuir, Querry trouvera-t-il une échappatoire ? Après la « mort de Dieu », en quoi ou en qui pouvons-nous encore croire ? L'amour, le progrès ? En grand romancier, Greene se garde bien de donner une réponse toute faite. La fin, violente et ironique, laissera au lecteur épaté le parfum inoubliable d'un grand roman.

"La saison des pluies" révèle une puissance narratrice conjuguée à une rare capacité évocatrice. Sous une plume trèsvisuelle, les personnages prennent corps et défilent en traveling: des colons stupides, des notables, des jésuites et des religieuses, des âmes perdues en quête de rédemption.  L'auteur nous interroge: le sens de la vie, le manichéisme, la foi... avec en filigrane, l'Afrique! Les insectes, les odeurs, la chaleur, la misère, la joie de vivire, l'humour, l'énergie du désepoir, la couleur et les saveurs, la terre..

Au fil des pages Greene accomplit son oeuvre: vous êtes dans le monde qu’il vous offre en voyage.