nicolas-d-estienne-d-orves1

Extraits

""Oh, ce goût, ce goût...", songe-t-il en dévorant un second fruit. Adam retrouvant l'Eden, il sent les saveurs pénétrer son corps et se diffuser dans chaque véinule. Le moindre pore de sa peau respire l'air marin de Malderney, tandis que les parfums d'herbe coupée, de magnolias, de lauriers, de pins se mêlent en une petite symphonie. Et puis les couleurs. Les couleurs de Malderney...Chacune à son secret, toutes ont un sens qui leur est propre. Ô les variations infinies des tons marins. D'un côté le vert émeraude de la crique, de la plage et du port. De l'autre, le bleu nuit des grands fonds où plonge l'immense falaise de l'île dressée comme un rempart face au couchant. Combien de légendes courent sur cette muraille de craie plantée dans la mer, aussi dangereuse que sublime, et à la beauté friable d'un sablé grignoté par le temps", P. 26

"Si ces actes de résistance ont forcément modifié mon quotidien, ils n'ont en rien calmé ma vie de collaborateur. Malgré les restrictions, malgré les nouvelles lois, malgré les humiliations d'un occupant de plus en plus aux abois, je continuais à mener grand train. Etait-ce fait d'avoir la conscience tranquille en me sachant adepte du double jeu?", P. 489