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Si, comme le souligne Jean d’Ormesson : « tout le bonheur du monde se trouve dans l’inattendu », alors 2012 fut un grand cru. Rien de ce que j’avais prévu ne s’est concrétisé et tout ce que je n’avais osé imaginer s’est réalisé (enfin, en partie… ) Comme quoi, on a beau tenter être acteur de son destin, c’est souvent le hasard (ou les rendez-vous, dirait Eluard) qui façonne nos vies.

Alors, 2012 ? Une année étrange qui, sur le plan général, fut guidée par un conseil susurré à mon oreille par un Immortel: « Ne gâche pas ton temps. En apparence si  lent, si long, inépuisable, sans fond, le temps passe très vite. Un jour, tu te retournes et tu découvres qu’il n’y en a plus ».  J’ai donc tenté de suivre ce précepte. De même qu’en littérature, j’ai essayé de ne pas lire n’importe quoi  (pas facile quand on est chroniqueur) mais plutôt les grands livres dont tout le monde parle sans les lire. Et ce fut un régal !  Cervantès, Melville, Twain, Maupassant ont (ré)ouvert les portes de leurs jardins et je m’y suis baladé avec timidité, ferveur, gourmandise, passion… oh oui, ce fut un régal !

2012? En vrac: de belles rencontres, un petit déjeuner à St-Gilles, des déjeuners improbables, des interviews sur des coins de table ou dans un couloir avec des auteurs qui ont accepté de livrer un peu d’eux-mêmes et pour certains ce fut déjà beaucoup. Cette minute indéfinissable qui s’appelle « confiance » disait Churchill… Ils me l’ont accordée et j’en suis touché. S’il y eu aussi des déceptions (dont je ne parlerai pas, par pudeur ou élégance), je me suis réjouis de nouvelles découvertes: Grégoire Delacourt, Joël Dicker (bien sûr tout le monde en parle. Et alors ? C’est justifé) mais aussi Otsuka et van Booy ; des confirmations comme Jean-Michel Guenassia, Sulzer, et l’explosion de Serge Joncour; le virage du Medjdoub et une amitié profonde, sincère qui nous lie chaque année un peu plus…

Surtout, ce fut un été avec Sagan sur une terre qui s’est gravée dans mes veines; des balades dans les ruelles de Florence avec Forster pour guide; le corps de ma femme dans la pénombre des persiennes de ce palais 18ème; les toiles de Hopper au Grand Palais; la découverte d’un talent inouï, celui de Roxane, qui incarne Anne au Théâtre Rive Gauche; La Traviata à la Monnaie, où j’ai pleuré comme Pretty Woman avant que ne s’en suive une discussion passionnée, avec un homme passionnant, sur la musique…

Et puis vint décembre et le défi fou lancé à la XXVème heure par un éditeur mercantile. Un défi qui révéla une incroyable solidarité autour d’un blog. Merci à tous les amis, aux amis des amis, aux amis des amis des amis, aux inconnus, aux écrivains, aux libraires, aux célébrités... A vous tous un énoooooooooorme merci !

Enfin ce fut aussi la prise de conscience qu’il faut « Résistez. Résistez aux séductions moutonnières de la médiocrité, à l'ignominie des retournements intéressés, aux murmures de la lâcheté qui ne recule devant l'effort que pour se trouver tout à coup, mais trop tard, acculée à la tragédie. Résistez. Résistez. Gardez par-dessus tout l'amour de la liberté et votre sens critique. Combattez par l'ironie les indignations. Combattez par l'espérance le pessimisme"

« Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire », je vous souhaite à vous lecteurs égarés sur cette page, une année nouvelle lumineuse.

Meilleurs vœux