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Terminés les Alexis Karenine, balayés les Charles Bovary! Adieu les trompés soumis, les cocus tristes et indignes! Voici Monsieur Grimaldi, un cocu magnifique. En cent-cinquante pages, Philippe Vilain conte l'histoire de Pierre qui affrontera, la tête haute, l'infidélité de sa femme.  

Il y avait déjà "Paris, l'après-midi", où il suivait les traces d'un homme qui, un après-midi, à Paris, aborde une inconnue, belle et rayonnante. Ils deviennent amants. Elle est mariée mais ce n'est plus son mari qu'elle trompe mais l'ennui. L'amant, lui, est un indécis, oscillant entre ses sentiments... Vilain abordait là l'adultère et ces nouveaux hommes bousculés par trente ans de rapports ambigus avec les femmes.

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Avec son nouvel opus, "La femme infidèle", il poursuit l'exploration de cet étrange triangle amoureux lié par la "faute". A nouveau, il décide d'orienter son point vue à partir d'un angle inattendu: celui de la victime, le cocu, le trompé.. et non celui des amants, les triomphants. Et le romancier de nous convier au coeur des pensées de l'homme bafoué, perçant les tourments de son âme. Voici donc Pierre Grimaldi. Comptable, marié depuis huit ans à Morgan, consultante, plutôt heureux en couple. Un jour, le hasard le confronte à un SMS découvert sur le téléphone portable de sa femme : "Je suis ta salope." Il n'en est pas le distinataire. Comment réagira-t-il? Par le silence et l'observation, persuadé que "parler c'est détruire le couple, se taire c'est le laisser en sursis". Mais son silence ne traduit pas la lâcheté que d'aucuns pourraient invoquer, il souligne sa dignité, sa grandeur, sa noblesse.

D'une plume alerte, experte, ouvragée, Philippe Vilain sonde au travers des petits riens, les humeurs d'un être abusé, d'une femme dissimulatrice et dévoile de l'amour une autre perspective.