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Nous sommes en 1844, Isabella Walker épouse en secondes noces l'ingénieur Henry Robinson avec qui elle s'installe à Édimbourg. Quelques années plus tard, sa route croise celle d'Edward Lane, brillant étudiant en médecine. De dix ans son cadet, il est marié à la fille de Lady Drysdale, qui tient un salon où elle reçoit les intellectuels de l'époque.

Au fil du temps, ils nouent une correspondance. Isabella s'éprend de lui et rend compte de cette passion dans son journal intime. Nul ne connaît la réelle teneur de leur relation, mais lorsque Henry découvre ces écrits, en 1855, il décide d'engager une procédure de divorce. S'ensuit un procès houleux devant la cour des Divorces, tribunal laïc créé quelques mois plus tôt. Dans la société victorienne régie par les hommes, la question de l'adultère féminin suscite en effet émotions et préjugés.

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À partir d'archives judiciaires et d'articles de presse, Kate Summerscale traite son sujet comme une véritable enquête policière, ménageant le suspense avec art.  L’auteur a exhumé cette histoire extraordinaire des archives d’un temps où la question de la sexualité et du désir féminins angoisse une société victorienne régie par les hommes, un temps où la femme adultère est marquée du diagnostic de manie sexuelle, une forme de démence.

D'un fait divers qui sera suivi comme un feuilleton à scandale, l'auteur transforme Isabelle Walker en une grande héroïne de son temps. Une Emma Bovary made in England.

D'une incroyable modernité! Suspense haletant! Intelligence! Bref, un régal...