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Certainement candidate à la liste des prix de cette rentrée 2013, Karine Tuil nous livre avec "L'invention de nos vies", chez Grasset, l'un de ses romans les plus aboutis. Un récit intense où elle explore le mensonge, la quête d'identité, la culpabilité... L'un des gros coups de coeur de la XXVème heure.

L'histoire? Celle de Sam Tahar. Il semble tout avoir : la puissance et la gloire au barreau de New York, la fortune et la célébrité médiatique, un « beau mariage »… Mais sa réussite repose sur une imposture. Pour se fabriquer une autre identité en Amérique, il a emprunté les origines juives de son meilleur ami Samuel, écrivain raté qui sombre lentement dans une banlieue française sous tension. Vingt ans plus tôt, la sublime Nina était restée par pitié aux côtés du plus faible. Mais si c’était à refaire ? À mi-vie, ces trois comètes se rencontrent à nouveau, et c’est la déflagration. "Avec le mensonge on peut aller très loin, mais on ne peut jamais en revenir…" dit un proverbe qu’illustre ce roman d’une puissance et d’une habileté hors du commun.

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Fildefériste, l'auteure entrelace les destins, les petites histoires qu'elle intègre avec maestria dans la Grande posant aussi des questions de fonds tant politiques que sociales.

La succession de "flash-back", de "rewind" et de "forward" se révèle un subtil fil d'Ariane entraînant, au fil des pages, le lecteur dans les arcanes de ce trio d'identités complexes qui va se confronter avec violence à la réalité.

Bref,  Karine Tuil confirme! Elle réussit un neuvième roman étoffé, doté d'une plume aussi rare que généreuse et savoureuse. On ne peut s'empêcher de penser à Philip Roth... l'intelligence féminine en plus!