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Attention, pour éviter de passer pour un "enculturer" de pacotille, dite "Môôôôôôme" et non "Maugame" avec ce petit air fransquillon.... Voilà qui est d'autant plus important que paraissent à La table Ronde deux récits du génie Britannique: "Le grand écrivain" et "Il suffit d'une nuit".... Certains diront: "Pffff c'est un vieux truc, un brol sans intérêt...." Stooooooooooooooooooooooooooooop!!!! Maugham avait tout compris, bien avant nous! Dotés d'une causticité "So British" vous plongerez dans un univers brillant peuplé de personnages noirs, truculents, conspirateurs; d'amants transis, de maîtresses manipulatrices, de passions, de jeux de pouvoirs... Bref, tout ce qui compose notre quotidien exprimé avec intelligence et subtilité. Tout le contraire d'un style "emm...."

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La carrière de Maugham commence à la fin du XIXe siècle avec des récits psychologiques délicats se déroulant dans les brumes élégantes d’une Angleterre victorienne où les femmes ont encore des langueurs monotones et se poursuit jusque dans les années soixante. Somerset Maugham eut une vie longue dans une époque changeante. L’atmosphère proustienne de son enfance parisienne se termina dans un baptême du feu du côté d’Ypres avant de connaître les Années folles et le tropisme balnéaire du côté du Touquet ou de la baie des Anges. Au-delà, Somerset Maugham, médecin de formation, personnage aussi ambigü que charismatique, sut conjuguer son métier d’auteur avec celui d’agent secret, de jet-setteur, de confident des puissants et des manants,...

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Comme Eric Ambler, Graham Greene ou encore John le Carré, Maugham saisit assez vite les liens consubstantiels qui unissent la création littéraire et le secret, comme si tous les romans, même les plus grands, étaient au bout du compte des romans d’espionnage et l’écrivain un agent double perpétuel perdant en route son identité, obligé à des contorsions pour ruser avec son temps et garder sa liberté. On pensera ici à la façon assez étonnante dont Maugham vécut sa bisexualité.

La Table ronde publie donc deux romans révélateurs de la maîtrise narrative absolue de cet homme au physique de Carlin et surtout de son aptitude à passer d’un genre à l’autre. Avec "Le Grand Écrivain", nous avons droit à une comédie littéraire où l’on voit apparaître, déjà, l’utilisation de la publicité pour masquer l’absence de talent.

Quant à "Il suffit d’une nuit", voilà un subtil portrait de femme, en 1938, à Florence, qui hésite après son récent veuvage entre un mariage de raison et le charme fou de Rowley, séduisant "bad boy" made in "Gentry". L’histoire tourne au roman noir, comme souvent chez l’auteur, et la fin ressemble à toute son oeuvre : charmante, mais beaucoup plus ambiguë qu’il n’y paraît. Bref, un régal!!!!