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A l'heure où sort son nouveau roman "Canada", c'est vers un petit opuscule, publié en 1994, que je vous entraîne pour une balade au coeur des confessions de Richard Ford. C'est en effet un tout petit livre, à peine cent pages, mais plein, fort, riche comme peu d'autres que "Ma mère". Véritable chronique d'un amour naturel, filial, sans honte ni face cachée, d'un fils pour sa mère, d'une mère pour son fils.

Elle est née dans l'Arkansas, y a vécu pour son mari jusqu'à ce qu'il disparaisse sous les yeux de leur fils âgé de seize ans. Nous sommes en 1960. Elle connaîtra une brève liaison que le jeune adolescent brisera. Viendra ensuite le temps des études, dans une lointaine université, et les premières absences, les fêlures, la distance qui s'installe, le temps qui ne s'égrène plus à l'unisson.

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 Sans doute, n'y a-t-il pas assez de mémoire, de souvenirs pour rendre une vie avec fidélité. Peu à peu, "la mort s'installe et commence bien avant que de s'achever" écrit l'auteur d'Indépendance. La fin s'annonce, inéluctable. Ainsi vont les choses.

L'auteur livre un portrait émouvant, sans pathos, sans jugement, délicat, tendre et plein d'amour pour cette femme Edna. Une femme, sa mère, dont la vie fut comme un puzzle dont il manque quelques pièces que Ford a tenté de rassembler dans ce court récit infiniment puissant. Il y tisse l'histoire d'une enfance, d'une jeunesse turbulente pendant la grande dépression, d'un mariage, d'une naissance, des années de solitude, d'un cancer...

Sous sa plume se dessine la figure courageuse et indépendante d'une mère aimante. Emouvant, troublant. Un régal!