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Voilà, fini les feux d’artifices, rangés les flonflons, éparpillés les cotillons. Demeurent les effluves qui entretiennent l’euphorie, nous maintiennent quelque part entre l’instant et l’avant, l’après et l’immédiat. Bref, ce petit moment de grâce qu’on appelle la XXVème heure.

Alors 2013 ? Ohlala, voici le temps des bilans… Que dire ? A brûle-pourpoint, j’aurais écrit Annus horribilis. Et pourtant, tout compte soldé, elle fut plutôt positive. Même très positive. Comme quoi... A mes enfants, dès lors, je dirai : "N’ayez pas peur ! La vie ne serait pas tenable, le malheur n’aurait pas de limite si on craignait tout ce qui peut arriver de fâcheux. Essayez d’être clairvoyants, rejetez même de toute la force de votre âme, la crainte. Apaisez-la par l’Espoir. Pesez donc espoir et crainte. Et si vous avez plus de motifs de crainte, inclinez du côté de l’Espérance et cessez de vous tourmenter. Enfin, soyez guidé par un leitmotiv : le Respect  de l’autre. Noubliez jamais que l’autre jouit du même ciel que vous, respire le même air que vous, vit comme vous et mourra comme vous.  Ne méprisez pas les Hommes pour ce que vous croyez qu’ils sont. Au contraire ! car leur destinée peut devenir vôtre au moment où vous la dédaignez…"

Bon alors 2013 ? Cent-trente-six livres, 88 billets et Cent-douze bouquins chroniqués. Tout n’était pas égal mais certaines découvertes furent exceptionnelles dont  Bénédicte des Mazery, sans doute la plus belle depuis des années. Un moment inoubiable dans la vie d’un chroniqueur.

Il y a eu Brahms et Massive Attack, Braley et Freire, Chopin encore et toujours, Beethoven surtout. De Biasio, Becker, Revolver… La noblesse de Meunier, la mélancolie de Spilliaert, la force de Wouters, la puissance de Rothko.

Il y a eu aussi des dîners, des interviews sur les coins de tables de brasseries parisiennes ou bruxelloises, dans le lobby de certains hôtels… Des confidences, de la sincérité, de nouvelles amitiés et d’autres qui ce sont encore renforcées. Quelques déceptions aussi, mais je les tairai par élégance. Des auteurs, des inconnus, des « monsieur et madame » tout le monde, des célébrités, des gens de l’ombre, des soutiers… m’ont ouvert leur cœur et confié, pour un instant, la clé des secrets de leur âme.

Il y a eu des sourires, des regards, des mots dits, susurrés, écrits à la va vite, … Et ce fut merveilleux !

Et puis, il y a là-bas. « Tout le bonheur du monde se trouve dans l’inattendu », écrit l’Immortel. Et c’est bien le hasard qui nous conduit dans cette région que Stendhal considérait comme « la Toscane française ». C’est un autre hasard, ou un rendez-vous (écrirait Eluard), qui nous fit découvrir cette demeure en pierres, bâtie à même la roche. Du chêne magistral qui nous accueillit à la vue imprenable sur les coteaux… ce fut un coup de cœur. Une évidence. C’était une belle matinée de février. Et là-bas est désormais chez nous.

Enfin, et surtout, il y a celle qui m’accompagne depuis bientôt vingt-quatre ans. Qui ne cesse de me surprendre, de me faire rire, de me soutenir, de m’énerver parfois aussi. Mais elle demeure un jardin sublime et merveilleux, une terre sans cesse fertile.

Alors, pour toutes ces raisons, 2013 fut une année formidable !