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Welcome dans les Cornouailles pour une balade au coeur d'un labyrinthe familial. "La promesse du Bonheur" de Justin Cartwright se révèle une véritable petite pépite...

L'histoire? Celle de la famille Judd. Le père cherche un sens aux détours de son existence. La mère cuisine à corps perdu. Les enfants affrontent leurs propres inquiétudes (incertitudes, addictions) et l'éprouvant retour de prison de leur soeur, la fille prodigue. Portrait aussi cruel que divertissant d'une famille de la classe moyenne anglaise en pleine tourmente, La Promesse du bonheur marque (enfin !) la première publication en France de Justin Cartwright, figure incontournable des lettres britanniques. Un titre ironique ? On pourrait le croire à la lecture des premiers chapitres, où l'alternance des points de vue souligne le délitement de la famille Judd, autrefois unie et londonienne et désormais dispersée. Juliet, l'aînée des trois enfants, accusée de complicité dans la vente d'un vitrail Tiffany volé, se retrouve emprisonnée pour deux ans aux Etats-Unis et semble entraîner le reste de la famille dans sa chute. Ce faux pas d'une brillante étudiante en histoire de l'art, fille et soeur unanimement admirée, met à nu la part d'ombre de chacun. À la veille du retour de Juliet dans le petit village de Cornouailles où se sont retirés ses parents, tous s'interrogent sur eux-mêmes et sur les liens qui les unissent encore. Charles Judd, le père, expert-comptable en préretraite forcée. Daphné, la mère, que les expérimentations culinaires et les activités paroissiales aident à oublier ses multiples désenchantements. Charlie, le frère sur le point de devenir père, et qui se demande si sa compagne est bien la femme de sa vie. Sophie, la soeur, confrontée à des problèmes d'addiction.

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De cette famille de la classe moyenne britannique en pleine tourmente, Justin Cartwright brosse un portrait aussi cruel que divertissant, mais où pointe la possibilité d'une rédemption. Une introspection "So british", donc pas nombriliste "made in France", conjuguée à une magnifique ouverture vers l'autre. La plume est ciselée, acérée, bienveillante. Au scalpel, l'auteur explore les silences, les non-dits, les solidarités secrètes... Bref, un régal!