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Quelle est la frontière entre le bien et le mal, entre un héros et un salaud ?  Armel Job nous précipite dans la gueule de la bête, ce for intérieur ou se révèlent toutes les nuances de l’âme humaine, sombre ou généreuse. Il nous balade dans les rues de la Cité Ardente, hérissées de chausse-trapes et de faux-semblants, tissant la toile d'un théâtre versatile, haletant jusqu’à la dernière ligne.

L'histoire? Celle d'Hannah, une petite fille aimée de ses parents, vive et joyeuse. Elle vit à Liège, où la famille s'est installée, à la recherche de travail et fuyant la peste qui gangrène l'Europe dans les années 30. Quand la guerre éclate, les rafles commencent, Hannah devient Annette et, dans l'orphelinat où elle est cachée, elle ne voit plus ses parents qu'épisodiquement. Mais que comprend-elle au drame qui se joue, aux trahisons, au jeu de dupes des adultes et à ce monde devenu fou? Peut-être que si elle n'était pas juive, il en irait différemment. La fillette pourrait voir ses parents autrement qu'en cachette, à l'abri des regards indiscrets. Ils viendraient lui rendre visite comme chaque semaine et l'emmèneraient avec eux, loin du couvent. Mais Liège a beau être relativement préservée des rigueurs des lois antijuives, les parents aussi sont en sursis, épiés, traqués. Et si la bonne bourgeoisie de la Cité s'évertuent à les protéger et à leur donner asile, un homme, informateur zélé de l'occupant allemand, les exilerait volontiers vers des cieux moins cléments. Il faut donc être sur ses gardes...

telechargement (79)Totalement à l’aise dans cette tranche de siècle, Armel Job procède par tableaux successifs, comme au théâtre. Il dévoile au fil des chapitres, des lieux, des personnages, déployant son intrigue avec maestria.

Servit par une plume limpide, dépouillée, ce roman se révèle une nouvelle réussite. Bref, un régal!