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Voici une plongée au coeur de l'aliénation et du désespoir. "La mauvaise pente" se révèle un bon, un très bon, roman noir porté par une plume sèche, à l'os, impitoyable et perverse. L'auteur des "Affligés" conte avec  brio une descente aux enfers où se conjuguent brutalité, violence et cruauté. Une belle réussite! 

L'histoire?*Deux types, planqués dans un motel pourri de banlieue. Le premier, blessé par balle, se vide de son sang dans son lit. Une valise pleine d’argent dans la chambre, un tueur à ses trousses. Le second fuit aussi : son procès devait avoir lieu, il n’a pas eu le courage de l’affronter. La Mauvaise pente commence comme un polar, on s’attend à ce que les deux échappés s’allient, qu’ils tentent d’évincer le porte-flingue qui les suit à la trace, qu’ils se déchirent peut-être, deviennent amis pourquoi pas. Mais Chris Womersley nous entraîne ailleurs. Comme si ses personnages n’avaient plus la force de s’enfuir, plus ils tentent d’avancer, plus ils s’enfoncent. Plus ils espèrent avoir un avenir, et plus c’est le passé qui remonte, douloureux jusqu’à les étouffer. Entre les dialogues et les pensées, les frontières se brouillent.

L’écrivain australien gratte ses personnages, les dépèce, les épluche, tout en rendant un climat etouffant. La course-poursuite attendue se transforme en course-poursuite intérieure. Récit d’existences prisonnières du désespoir qu’elles portent sur leurs épaules, La Mauvaise Pente est un roman fort, avec l’Australie en filigrane.

*laccoudoir.com