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Quel roman ! Waouw! Choral, glacial, palpitant, ciselé, émouvant… une totale réussite.

L’histoire ? Celle d’un cœur et 24 heures d’une transplantation qui bouleversa de nombreuses existences. Ce jour là, Simon Limbres s'est levé à l'aube. Au petit matin glacé, il embarque avec des amis et sa planche pour une session de surf dans la mer déchaînée d'Etretat. Au retour, le van quitte subitement l'asphalte, l'adolescent est éjecté par le pare-brise. La mort encéphalique est prononcée. Mais le temps presse et les parents de Simon vont devoir décider si leur fils, ado encore bruyant et égoïste quelques heures auparavant, sera "donneur". Quelqu'un attend une greffe, quelque part.  Le hasard devient urgence.

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*Et l’urgence, sous la plume de Maylis de Kerangal, devient littérature. La grande, la vraie. « Réparer les vivants » se révèle un roman lancé à toute allure dans un espace-temps presque immobile ; se succèdent des chapitres courts comme des coupes chirurgicale. Servie par une plume limpide, au scalpel, l’histoire progresse en flux denses, compacts. Médecins, infirmières, chirurgiens, parents, sont cueillis d'un simple coup de téléphone dans la solitude ou dans l’action et leurs trajectoires violemment projetées dans une chorégraphie collective et synchronisée.

Clinique, tragique, empathique, sans jamais tomber dans le pathos ou l’ennui, Réparer les vivants trace le sillon d'une expérience humaine radicale. 280 pages magnétiques, électrisantes. D’une intensité rare. Nuit blanche assurée… Bref, un régal !.

*Le Vif