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Un petit bijou que ce nouvel opus de Gaëlle Josse. D'une plume ténue, l'auteure plonge dans l'intimité d'un homme, pour conter une autre Amérique.

Nous sommes à New York, le 3 novembre 1954. Dans quelques jours, le centre d’immigration d’Ellis Island va fermer. John Mitchell, son directeur, reste seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l’épouse aimée, et Nella, l’immigrante sarde porteuse d’un très étrange passé. Un moment de vérité où il fait l’expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d’évènements tragiques. Même s’il sait que l’homme n’est pas maître de son destin, il tente d’en saisir le sens jusqu’au vertige. À travers ce récit résonne une histoire d’exil, de transgression, de passion amoureuse, et de complexité d’un homme face à ses choix les plus terribles.

Les histoires s'entrelacent dans le labyrinthe des souvenirs d'un hommes qui règle ses comptes avec l'Histoire, son passé, sa culpabilité. Toujours juste dans le ton, sobre, évitant le pathos, l'auteure des "Heures sliencieuses" livre un roman puissant, grave et tendre. Une très belle réussite... Bref, un régal!