marceline

Il y a des livres sur lesquels on ne peut rien écrire car tout serait futile. "Et tu n'es pas revenu" est de ceux là. Témoignage bouleversant. Un livre à lire de toute urgence. Cent pages où chaque mot pèse... L'horreur qu'on ne peut se permettre d'oublier! Lire ce livre, c'est un devoir pour nous et nos enfants!

« Toi tu reviendras peut-être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrai pas », lui a dit un jour son père, alors qu'à Drancy, au début de l'année 1944, ils attendaient, parmi des centaines, des milliers d'autres Français juifs, le convoi qui allait bientôt les emmener vers l'est. Quelques semaines plus tard, Salomon Rozenfeld et sa fille, Marceline, 16 ans, étaient déportés en Pologne, lui à Auschwitz, elle dans le camp voisin de Birkenau. Salomon ne s'était pas trompé : il n'est pas revenu. Il a disparu quelque part, du côté de l'actuelle République tchèque. Et tu n'es pas revenu est cette lettre au père, dans laquelle Marceline raconte sa propre captivité, son retour en France, l'impossibilité de vivre après....

Extraits

« J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »

"Je les voyais les enfants, depuis mon bloc, qui allaient sur le chemin des chambres à gaz. Je me souviens d'une petite fille, accrochée à sa poupée. Elle avait le regard perdu. Derrière elle, probablement des mois de terreur et de traque. On venait de la séparer de ses parents, on allait bientôt lui arracher ses vêtements. Elle ressemblait déjà à sa poupée inerte."

"J'aurais aimé te donner de bonnes nouvelles, te dire qu'après avoir basculé dans l'horreur, attendu vainement ton retour, nous nous sommes rétablis. Mais je ne peux pas. Sache que notre famille n'y a pas survécu. Elle s'est disloquée. Tu avais fait des rêves trop grands pour nous tous, nous n'avons pas été à la hauteur."