eho_gibbons2c

So British! Stella Gibbons c'est du Darjeeling "high level", un savant mélange de "first" et "second" "flush", un arôme parfumé et délicat empreint de saveurs corsées et épicées. C'est de la causticité en intraveineuse...

L'histoire? Celle d'un voyage initiatique vers l'âge adulte. Nous sommes à Londres en 1940. Margaret, jeune instutrice, 23 ans, introvertie, timorée, prend ses quartiers dans la capitale. Elle cherche à éclore, à s'épanouir... Tout l'inverse de la belle Hilda, son amie d'enfance, qui s'affiche pétillante et délicieuse. Margaret enseigne, plutôt bien d'ailleurs, mais ne trouve en cette activité que peu de plaisir, fascinée qu'elle est par le monde de l'élégance, de la bourgeoisie et des artistes. Jusqu'au jour où les événements lui permettront d'approcher la somptueuse demeure de Westwood, où réside un peintre célèbre, gendre du grand dramaturge Gerard Challis, dont Margaret admire l'oeuvre. L'occasion pour la jeune fille de pénétrer cet univers tant fantasmé. Et, rapidement de se voir confrontée à l'intolérance. Accompagnée de Zita, une jeune juive allemande réfugiée dans cette étrange famille, elle découvrivra la musique, la coquetterie, l'art de la conversation, de la séduction... Mais la trahision ne viendra-t-elle pas de l'enfance? 

De désillusions en joyeuses surprises, avec une élégante virulence, Stella Gibbons balade son héroïne sur les chemins de l'existence, du désir, de l'amour... Acidité, acrimonie teintent le paysage qu'elle dresse de cet univers londonien d'après-blitz. L'humour est féroce, subtil, tout en nuance. La plume est tranchante, spirituelle, exquise pour conter cette histoire, un brin surannée, mais universelle. En filigrane, Londres. La ville et ses saisons, la cité et ses contrastes, la guerre et ses conséquences, les heureux du monde et leurs manigances,... Bref, un régal!