fsf

"À l’époque je ne tolérais pas qu’on me dicte quel livre lire, comment le lire, pour quelle matière scolaire opter, si je devais ou non participer au journal de l’université, avec quelle étudiante partager ma chambre, à quel match de football assister, quoi penser de la guerre d’Espagne […]. Maintenant prêtez bien attention à ce que va dire mon père. Car il donne de précieux conseils dans ses lettres, et je suis convaincue que s’il ne s’était pas agi de mon père, lui que je pouvais à la fois haïr et aimer, j’en aurais tiré un meilleur profit et, aujourd’hui, je serais la femme la mieux éduquée, la plus chanceuse et la plus irréprochable du monde". Frances Fitzgerald (Scottie)

En 1936, Fitzgerald a 40 ans, et il ressemble à une épave. Détruit par l'alcool, abandonné par la gloire, il est au bout du rouleau et il ne lui reste qu'un seul espoir : sa fille Scottie, 15 ans, à laquelle il envoie ces lettres poignantes, qui scintillent comme des étoiles dans la nuit. Autant de tendres messages d'un père attentif, complice, disponible, soucieux d'épargner à l'adolescente ses propres tourments. "Je ne veux pas que tu perdes ta gaieté, ni ton sérieux", dit Scott à Scottie, qui lui adresse à son tour des missives dont l'insouciance en est le charme.Pour Fitzgerald, cette correspondance fut un ultime défi, "une victoire et une rédemption", avant sa mort, en 1940.  C'est donc une facette inédite du leader de la "Lost Generation" que l'on découvre ici, à travers cette échange épistolaire. A 40 ans, il ne lui reste que ces lettres, sa respiration, comme les ultimes bouffées d'amour et d'oxygène avant son dernier souffle. À travers ces leçons de vie bouleversantes de tendresse et de bienveillance, on découvre Fitzgerald dans un autre rôle, un rôle qui lui va bien, celui du père, celui de l'ange gardien.

Emouvant, étonnant, bouleversant... Bref, un régal!