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Sans doute l'un des grands romans de la littérature made in USA! Un pavé de 850 pages pour conter, sous forme chorale, l'Amérique des année 60, dans une bourgade du Vermont. On y retrouve les accents de Steinbeck, le déracinement, l'alcool, la débrouille, la violence quotidienne, les non-dits, les secrets, le passage à l'âge adulte... 

L'histoire? Nous sommes en 1960 à Atkinson, petite ville ordinaire du Vermont. L'été est brûlant. Divorcée d'un ivrogne pathétique qui vient encore parfois cogner la nuit à sa porte, Marie Fermoyle s'épuise à joindre les deux bouts, animée d'une ambition farouche pour ses trois enfants et portée par un orgueil qui l'empêche d'accepter l'aide de quiconque. Sa solitude va faire d'elle une proie toute désignée pour Omar Duvall, escroc minable et beau parleur, qui se présente un soir chez elle... Oscillant entre colère et résignation, englués dans leur mal-être adolescent, ni Alice ni Norm, les deux aînés, ne sauront s'opposer à Omar, dont la personnalité inquiétante se révélera peu à peu. Avide de voir sa mère enfin heureuse, le jeune Benjy, lui, taira obstinément son terrible secret : le jour même de l'arrivée de Duvall, il l'a vu poignarder un homme dans la forêt...

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À travers l'histoire des Fermoyle, à laquelle se trouve inextricablement liée celle de leurs proches et voisins, Mary McGarry Morris a écrit la chronique d'une petite communauté où s'affrontent l'espoir et la peur, le mensonge et la honte, l'obsession du péché et la piété, où se joue une lutte incessante entre la soif de réussite et l'amertume de l'échec. La force de l'intrigue et des personnages, la beauté du style, l'atmosphère lourde et envoûtante qui se dégage du roman en font une oeuvre à part, parmi les plus marquantes de la littérature américaine contemporaine.

Bref, un régal!