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Sans doute le meilleur roman flamand sur la Première guerre mondiale... Pas moins! Stefan Brijs livre avec "Courrier des tranchées"  une formidable épopée picaresque explorant les heures sombres de la Grande Guerre, le courage et la lâcheté, l'espoir et l'amitié, le désir et le manque...

L'histoire? Londres, quatriers populaires, aux premières heures de 1914. John Patterson, 19 ans, refuse de s'enrôler. Au diable la violence du conflit, l'enthousiasme du peuple. Bercé par Keats, Thackeray et H.G. Wells, lui, l'insatiable lecteur, veut étudier la littérature anglaise. Le reste? "don't care"! Face à lui, son meilleur ami, Martin Bromley, ivre à l'idée de donner "une bonne branlée" à l'Allemagne du Furher. Deux frères d'âmes, deux visions du monde opposées. L'un se régale de mots, d'idées, d'art; l'autre écume les docks et les terrains de rugby. L'un part, l'autre reste. Mais l'odeur des tranchés se rappelle brutalement à John lorsque son père, facteur à Hoxton, East End, ne se résout pas à remettre à Mme Bromley la lettre l'informant du décès de son fils: "Votre fils est mort. Mais il est mort en héros". De cette annonce, il partira là-bas, sur le front. En France, sous l'uniforme Britannique, il découvre que Martin n'est pas mort en brave, mais qu'il a été exécuté par ses supérieurs. Doit-il révéler la vérité avant d'embarquer pour une opération dont il pourrait ne pas revenir?

Ample, vaste et subtile, la plume de Stefan Brijs capte son lecteur dès les premières lignes, l'emportant dans le souffle de l'Histoire, l'abandonnant au terme de 591 pages, épuisé, troublé, comblé, heureux d'un récit haute voltige. Un grand, très grand, roman. Bref, un régal!