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Une mort qui en vaut la peine, Donald Ray Pollock

1917, quelque part entre la Géorgie et l'Alabama, Cane, Cob et Chimmey Jewell vivent sous la férule d'un père obsédé par la religion. A sa mort, inspirés par un roman à trois sous, que seul l'un d'entre eux est capable de lire, les trois frères enfourchent leurs chevaux, bien décidés à devenir braqueurs de banques. Mais rien ne se passe comme prévu: ils se retrouvent poursuivis par les autorités précédés d'une épouvantable réputation, celle dêtre le plus épouvantable trio de malfaiteurs jamais vu. Et le paradis dont ils rêvaient se révèle pire que l'enfer auquel ils ont tenté d'échapper...  Donald Ray Pollock, l'auteur de "Le diable, tout le temps", livre une fresque grinçante à l'humour particulièrement noir où il renoue avec ses thèmes de prédilection: la violence, le mal, la religion, la sexualité, la pauvreté, la rédemption. Sous sa plume c'est également un portrait corrosif de l'Amérique qui se dévoile...

L'heure de plomb, Bruce Holbert

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Dans la lignée d'un Steinbeck ou d'un Cormac McCarthy, Bruce Holbert publie un roman captivant. La plume est superbe et sert un récit d'une rare intensité. Nous sommes en hiver 1918. L’État de Washington connaît, durant un instant, l’Apocalypse : l’un des pires blizzards de l’histoire du pays balaie tout sur son passage. Perdus dans la neige, pétrifiés par le gel, des jumeaux de quatorze ans, Luke et Matt Lawson, sont recueillis in extremis par une femme qui tente de les ranimer à la chaleur de son corps. Seul Matt reprend vie. Le lendemain, le voilà devenu un homme, trop tôt et malgré lui. Car le désastre l’a également privé de son père, le laissant à la tête du ranch familial. Labeur, amour et violence, autant de découvertes pour Matt, qui se retrouve face à la beauté sauvage de cette terre, tentant de maintenir l’équilibre fragile entre les êtres qui l’entourent. Dans une langue puissante et incarnée, L’Heure de plomb conte la plus dure leçon que l’Ouest donne aux hommes, celle de la confrontation avec les forces brutes de la nature, au fondement même du mythe américain. Un régal!

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Et la vie nous emportera, David Treuer

Août 1942. Avant de s’engager dans l’armée de l’air, Frankie Washburn rend une dernière visite à ses parents dans leur résidence d’été du Minnesota. Il y retrouve Félix, le vieil Indien en charge du domaine, dont il est plus proche qu’il ne l’est de son propre père. Mais aussi Billy, un jeune métis avec qui il a grandi et auquel l’unissent des sentiments très forts. Ce jour-là, au cours d’une battue pour retrouver un prisonnier de guerre allemand échappé du camp voisin, les trois hommes se retrouvent mêlés à un tragique accident dont ils tairont à jamais circonstances. Ce drame va bouleverser le destin des Washburn et de leurs proches, à l’image du conflit qui ravage le monde. Un roman d’une puissance magnétique, aussi tendre que dévastateur, qui explore avec une infinie beauté les recoins les plus sombres de l’âme humaine. Une confrontation magistrale entre sensibilité et violence.