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C'est peu écrire qu'il est un génie, une source infinie d'inspiration et de méditation. Décrivant sa Provence natale, Giono tisse comme peu d'écrivains le lien indescriptible entre la particule et l'infini. 

S'il avait suscité l'intérrogation dans "Que ma joie demeure", Jean Giono apporte avec "Les Vraies Richesses", une tentative de réponse. Sous forme de récit et d'essai, il dénonce la vanité de la vie citadine, de l'argent, célébrant la gloire du soleil, de la terre, des collines, des ruisseaux, des fleuves " qui m'irriguent plus violemment que mes artères et mes veines ". 

L'ouvrage débute par une promenade parisienne à Belleville, prétexte pour l'auteur à une réflexion sur les "racines". En visionnaire, le maître de Manosque rejoint vite, dans un bel élan amoureux, ses chemins de traverse, ses paysans mythologiques, la loi du pain, le vent des rêves. Un livre où l'on picore dans un florilège de belles descriptions, de magnifiques envolées à la gloire de la nature, de l'harmonie. Un texte sublime, une analyse des vraies valeurs et de la dignité. "Ce livre n'a aucun genre mais les conjugue tous". Giono s'y affirme une nouvelle fois en virtuose, en sourcier du sacré. Bref, un régal!

Extrait

"Celui qui s'en va ne s'éloigne pas de vous. Il a seulement plus d'allégresse. Son corps est plus harmonieux et plus souple. Il n'est plus raidi par l'effort de quitter, il est comme tout alangui par la joie d'atteindre. Il est comme une polyphonie qui monte en prenant appui sur elle-même; il est comme un Ulysse non trahi, et l'outre des vents qu'il emporte dans son voilier il ne la débonde que pour en laisser sortir le souffle propice". P. 53