murakami nouvelle roman

Dyptique exceptionnel que ce "Meurtre du Commandeur" où, à l'instar de 1Q84, Murakami explore ses obsessions, la solitude et la création. Oeuvre foisonnante, ambitieuse, profonde et pourtant d'une rare fluidité. "Le meutre du Commandeur" se révèle une véritable odyssée initiatique...

L'histoire? Celle d'un homme en quête d'absolu. Quand sa femme lui annonce qu'elle veut divorcer, le narrateur, un jeune peintre en panne d'inspiration, se lance seul dans un voyage à travers le Japon. Au terme de son errance, il s'installe, au coeur de la montagne, dans une maison isolée, ancienne propriété d'un artiste de génie, Tomohiko Amada. "Du mois de mai de cette année là au début de la suivante, j'ai habité sur une montagne, tout près d'une étroite vallée" . Un jour, il reçoit une proposition alléchante: faire le portrait de Wataru Menshiki, un riche homme d'affaires. Tandis que celui-ci pose comme modèle, le narrateur a du mal à se concentrer. Quelque chose chez Menshiki résiste à la représentation. Une nuit, il découvre un tableau dans le grenier, une œuvre d'une grande violence, l'assassinat d'un vieillard, comme tirée du Don Giovanni de Mozart. C'est "Le Meurtre du Commandeur". Cette peinture l'obsède. D'étranges phénomènes se produisent alors, comme si un autre monde s'était entrouvert. À qui se confier ? À Menshiki ? Mais peut-il vraiment lui faire confiance ?

Roman magistral, en deux tomes, où le maître Murakami dévoile, en fildefériste, ses troubles les plus intimes. Un texte tout en équilibre soutenu par une plume mélancolique, sensuelle, voire onirique qui entrelacent sentiment amoureux, refus de l'abandon. En filigrane, toutes les questions qui font la littérature. Bref, un régal!